La FIA œuvre pour consolider la représentation des intérêts des artistes interprètes dans le monde. A ce propos, elle organise régulièrement des séminaires et des cours dans des pays en voie de développement, spécialement conçus pour les responsables d’organisations locales désirant représenter plus efficacement les intérêts des artistes interprètes. Financées par LO/TCO en Suède, ces initiatives se sont démontrées très utiles pour permettre aux artistes asiatiques de mieux connaître leurs droits sociaux, professionnels et de propriété intellectuelle, et de comprendre l’utilité de se rallier pour mieux négocier des conditions de travail équitables au sein de l’industrie. La toute dernière de ces rencontres a eu lieu à Jakarta, Indonésie, du 13 au 15 juin 2006 avec la participation de Dominick Luquer, Secrétaire Général de la FIA, et de Garry Neil, consultant, et en coopération avec la FIM (Fédération Internationale des Musiciens). Un nombre important d’organisations représentant les acteurs de cinéma, de variété, de télévision, les comiques ainsi que les DJ, a participé à cet atelier et s’est réuni pour la première fois dans l’histoire du pays.
Les artistes indonésiens travaillent pour peu ou rien et leurs employeurs ne respectent aucun de leurs droits – déjà tant limités. Quant ils demandent un traitement plus équitable, ils sont renvoyés. Ceci était par exemple l’expérience d’une actrice très connue qui avait une part importante dans un feuilleton télévisé à grand succès : le scénario a été modifié et son personnage « éliminé », car la production ne voulait plus d’elle et n’acceptait pas de réviser son cachet. Il n’y a pas encore d’organisation qui puisse négocier collectivement pour les artistes avec leurs employeurs et les réglementations sociales, qui découlent des conventions internationales du BIT, ne sont pas bien respectées dans le pays – ce qui rend difficile d’envisager un réel dialogue social sectoriel. La protection des interprétations audiovisuelles au titre de la propriété intellectuelle est garantie par la loi et n’est pas soumise à une présomption de transfert de ces droits aux producteurs. Cependant, d’importantes lacunes ont pu être constatées et l’application de la loi reste déficitaire, ce qui préoccupe les artistes que nous représentons.
Le Ministère de la Culture, ainsi que le Ministère du Travail et des Affaires Sociales, l’Organisation Mondiale pour la Propriété Intellectuelle (OMPI) et le Bureau International du Travail (BIT) ont aussi envoyé leurs délégués à ce séminaire. La FIA et la FIM ont pu partager leur expérience concernant l’organisation syndicale des artistes, la négociation collective et les droits de propriété intellectuelle. Lors d’une conférence de presse, les deux fédérations ont fermement encouragé les organisations d’artistes en Indonésie à franchir leurs différences et à se regrouper pour créer une organisation capable de mieux défendre leurs intérêts communs.
Communiqué de presse FIA-FIM [en]
